Basé à Bruxelles, Belgique, Vincent Fournier est un photographe professionnel et d’art dont les images de fusées, de paysages lunaires, et de cosmonautes connaissent un retentissement mondial depuis 2006. Lauréat d’un prix de bronze au Festival de Cannes et d’un Gold Clio Award, Vincent Fournier incarne un style caractéristique qui mêle le fantastique à la réalité, et entraîne le spectateur dans un voyage haut en couleur vers l'inconnu.
Vincent Fournier propose un voyage photographique à travers l'utopie la plus emblématique du 20e siècle. De ses images issues de « Tour Operator », révélant une vision ironique et esthétique de notre monde avec ses paysages domestiqués, jusqu’à son prochain projet intitulé « Underworld », en passant par « Space Project », odyssée de l'espace rétro futuriste, ses images sont des allégories de nos rêves d'enfance, où la réalité et la science-fiction se confondent. Avec un sens de l'ironie et une esthétique qui évoquent une rencontre avec Jules Verne et Jacques Tati, il interprète des récits de voyages à travers le monde, sur la Lune, sous la Terre, dans une chambre à coucher, ou jusqu’au bout de la rue.
Représenté par sept galeries internationales à Paris, Bruxelles, Londres, Milan, Tokyo, New York et Los Angeles, Vincent Fournier attire également les poids lourds du secteur, tels que le magazine Wallpaper, BETC, ou encore TBWA. Il est l'auteur de deux livres : « Tour Operator », aux éditions AD2, et « Space Project », aux éditions Verlhac, respectivement publiés en 2007 et 2008. Il nous explique ci-dessous comment son Hasselblad H3DII l'a aidé à réaliser ses images complexes et futuristes.
« Ma spécificité est de construire des images complexes qui possèdent une fidélité naturelle. Je suis quelqu’un de curieux, de patient, de passionné, et mon travail m’apporte des satisfactions. J’ai envie que les personnes qui le visionnent se sentent comme à l’intérieur de ce monde que j’ai créé à travers la photographie, et cela m’oblige à expérimenter avec mon art autant que possible ».
Hasselblad en Action
« J'ai commencé à utiliser un appareil Hasselblad, un H3DII-22, en 2004. Aujourd’hui, j’utilise un H3DII-39. Auparavant, j'ai utilisé un appareil photo Fuji GW690. L’argentique est peut-être plus romantique, mais je ne regrette nullement le stress des heures passées en chambre noire à développer mes pellicules, pour constater au final qu'elles n'avaient pas été correctement exposées. Pour le travail que je fais, le H3D est la solution idéale.
Je suis frappé par la douceur chromatique qu’offre l’appareil H3DII-39. Il me semble que plus le spectre des couleurs est étendu, plus l’on obtient de la couleur. Dans les images réalisées à l’aide du H3DII, la couleur a tendance à être plus subtile et plus douce qu’avec d'autres dos numériques, car ils capturent un contraste chromatique excessif et rendent le développement des images plus difficile lors de la post-production. J'aime aussi les fichiers haute résolution du H3DII - qui permettent un traitement rapide - et la finesse extrême des détails. La combinaison de ces éléments est idéale pour moi. La semaine dernière, j'ai reçu un courriel d'un élève d’une école d'art qui voulait savoir quelle pellicule j’utilisais. La douceur chromatique et la fidélité des images que j’obtiens avec le système H3D l’avaient induit à penser que je ne travaillais pas en numérique.
Lorsque je fais des photos publicitaires pour un client, je sauvegarde mes images directement sur mon ordinateur portable, ou, si j'ai le temps, sur une carte de stockage. Pour mon travail personnel, comme par exemple le « Space Project », j'utilise Image Bank. Je ne travaille pas avec des assistants sur mes projets d'art, j'ai donc besoin d'un appareil photo avec une interface utilisateur simple, qui m’offre la liberté d'expérimenter et de travailler de manière créative. Je n'ai que faire d’une surcharge de fonctionnalités, d’une surabondance d’éléments avec lesquels jouer ; il me faut juste l'essentiel. Je fais beaucoup de recherches lorsque je prépare une séance photo. Parfois l’obtention d’une autorisation pourra demander un an, mais je n’aurai que quelques heures à ma disposition pour réaliser les photos dont j'ai besoin. En raison de la facilité de travail qu’offre l'interface du H3DII, c'est une chose dont je n'ai pas à me soucier au moment crucial.
Pour créer ma situation d'éclairage idéale, j’utilise un trépied et la lumière ambiante naturelle. J'aime la douceur de la lumière au coucher du soleil et à la tombée de la nuit - parfois seulement quelques secondes après le lever ou le coucher du soleil. Pour trouver cette qualité de lumière, j’explore le site au préalable, en me concentrant sur les angles, les formes, et l'heure de la journée. En 2006, j'ai été l'un des photographes choisis par la Mars Society pour participer au projet intitulé « Mars Desert Research Station » (MDRS), une exploration mondiale des déserts de l'Arctique canadien, du Sud-Ouest américain, de l'outback australien, et de l'Islande.
Lorsque je faisais des photos dans l’Utah pour le projet MDRS, j'avais besoin de me rendre sur les lieux la veille pour y faire des repérages, de manière à ne pas perdre de temps à chercher la lumière le jour des prises de vue. Ce type de préparation est déterminant dans le choix de mes sujets photographiques. Je voulais que les images pour le MDRS, qui font partie de mon « Space Project », ressemblent à des peintures, à des tableaux de paysages historiques qui véhiculeraient un sentiment de science-fiction. Mes scènes doivent toujours paraître réelles, même lorsqu’il s’agit de créations. La plupart du temps, j'utilise pour mon travail un objectif de 80 mm qui permet de rapprocher l'arrière-plan du spectateur. Pour des espaces plus vastes, j’utilise plusieurs images que j’assemble ensuite à l’aide de Photoshop Photomerge.
Mon exposition « Space Project » ouvre ses portes à la Clic Gallery de Christiane Celle, à New York, du 7 octobre au 1 novembre. Les 20 photographies de grand format, allant de 39" x 51" à 60" x 79", font partie d’une série d’images réalisées au Centre d’entraînement pour cosmonautes Youri Gagarine en Russie, à la Mars Desert Research Station dans l’Utah, au Centre Spatial Guyanais, et dans les observatoires du désert d'Atacama au Chili. Je prépare une autre exposition à la Step Gallery de Londres, une exposition personnelle avec la Step Gallery lors du Miami Photo, et pour la London Art Fair.
Je ne suis pas un « geek », et avec mon H3DII je n'ai pas besoin de l'être. Il s’agit d’un appareil robuste, sûr, polyvalent et pratique – et c'est tout ce que j'ai besoin de savoir. Son architecture est très fiable, je peux par conséquent expérimenter davantage, ce qui est essentiel pour mon métier et pour tous les photographes qui souhaitent sonder des territoires inconnus à travers leur art ».
Pour voir d’autres photographies de Vincent Fournier, visitez www.vincentfournier.co.uk.
Photo credit: © Vincent Fournier, 2007
Texte par Alice B. Miller