Les musées Tate sont spécialisés dans l’art britannique du XVIe siècle à nos jours, ainsi que l'art moderne international. Les œuvres de la Tate sont exposées à la Tate Britain et la Tate Modern de Londres, à la Tate Liverpool, dans le nord-ouest de l’Angleterre, et à la Tate St Ives, en Cornouailles, dans le sud-ouest du pays, tous ces musées présentant également des expositions temporaires renouvelées régulièrement. Les collections de la Tate comprennent environ 90 000 œuvres d’art, dont des peintures, des sculptures, des photographies, des impressions, des aquarelles et des installations multimédias.
En tant que centre mondial de l’art britannique, la Tate Britain s’efforce de promouvoir ces œuvres à l’échelle internationale. Or grâce à sa collection exceptionnelle, ce musée dresse un tableau époustouflant du développement de l’art en Grande-Bretagne, du XVIe siècle et des Tudor à nos jours.
La Tate Modern a quant à elle vu le jour en l’an 2000 afin de présenter au public des œuvres modernes internationales. En 2008, près de 5 millions de visiteurs ont admiré ses collections. Au total, 8 millions de personnes visitent chaque année les différents musées de la Tate, et 20 millions d’internautes consultent le site www.tate.org.uk.
En 2007, la branche photographie de la Tate a décidé de convertir tous ses clichés argentiques pour passer à des archives entièrement numériques. Nous souhaitons donc vous raconter comment le matériel numérique d’Hasselblad a permis d’assurer le succès de cette opération.
La branche photographie de la Tate emploie 12 personnes et 11 photographes qui travaillent principalement au musée de la Tate Britain. Cette équipe est dirigée par David Clarke et Marcus Leith (directeur adjoint), ainsi que Marcella Leith (photographe et directrice des acquisitions). À eux trois, ils supervisent plus de 15 000 nouveaux clichés et 40 000 tirages chaque année !
Cette nouvelle opération a pour objectif de photographier l’ensemble des collections de la Tate, à savoir quelque 90 000 œuvres, dont 95 % sont déjà archivées. Cependant, la majeure partie de ces archives a dans un premier temps été réalisée sur des négatifs en noir et blanc, qu’il faut moderniser. Les photographes de la Tate continuent donc de travailler sur ces œuvres d’une grande valeur historique. À noter que si la branche photographie a été créée 1960, le plus vieux négatif de cette collection date de 1948.
Les nouvelles œuvres ajoutées aux collections sont souvent photographiées sur leur lieu d’origine, car les brochures des différentes expositions doivent être mises au point avant leur inauguration. Les photographes de la Tate sont donc parfois appelés à se déplacer et à travailler dans des contextes difficiles. En outre, l’équipe londonienne gère les besoins photographiques de tous les établissements, y compris la Tate Modern, la Tate Liverpool et la Tate St. Ives. Enfin, lorsque des installations sont mises en place dans l’un des musées, les photographes viennent immortaliser ces œuvres sur place, mais bien souvent, ils n’ont que peu de temps avant l’arrivée des premiers visiteurs.
Le travail de conservation est l’une des tâches les plus importantes des équipes de la Tate. Or il est primordial de garder une trace du travail de restauration effectué sur les œuvres d’art du passé. En effet, cela présente un intérêt pour le public, mais aussi pour les autres musées du monde entier, qui peuvent ainsi découvrir les procédés et les avancées techniques.
Par ailleurs, la Tate travaille en partenariat avec la société Tate Images, entité commerciale qui permet aux acquéreurs professionnels de visionner les collections de la Tate sur Internet. Chaque année, tous les bénéfices perçus par cette société sont reversés à la Tate ; ce sont notamment ces fonds qui permettent de maintenir en place des équipes comme celle de la photographie.
Les œuvres d’art doivent donc a tout prix être photographiées avec un matériel de très haute qualité afin de capturer tous les éléments esthétiques des originaux.
De toute évidence, les musées Tate utilisent la photographie à des fins très diverses. Or en 2007, lorsque l’équipe de la photographie a décidé de convertir ses archives analogiques au numérique, elle a tout de suite su qu'il lui faudrait un système solide, complet et de très haute qualité. C'est pourquoi elle s'est tournée vers Hasselblad.
Matériel utilisé
La Tate avait besoin d’un système :
- versatile afin d’accomplir des tâches très diverses ;
- utilisable en studio et en « déplacement » ;
- capable de remplacer le moyen format et les films en 4x5 ;
- présentant une qualité exceptionnelle ;
- produisant des résultats systématiquement fiables ;
- capable de produire des photographies pouvant être utilisées par Tate Images.
Le matériel choisi devait donc être très performant dans de nombreux domaines.
C’est pourquoi l’équipe de la photographie a acquis trois systèmes Hasselblad de 39 mégapixels, dont un permettant des prises de photos multiples pour une reproduction très précise des œuvres. La Tate a également été notre tout premier client en ce qui concerne la solution d’inclinaison / décalage HTS.
Les photographies des collections
La Tate photographie ses collections pour de nombreuses raisons :
- pour créer des archives numériques ;
- pour présenter ses collections surwww.tate.org.uk/ et d’autres sites Internet ;
- pour les insérer dans ses publications et celles de ses partenaires ;
- pour les faire figurer sur les documents publicitaires ;
- pour les utiliser dans ses communiqués de presse ;
- pour en tirer un bénéfice grâce à Tate Images (catalogue d’images numériques).
En règle générale, les objets d’art sont photographiés à l’aide d’un dos numérique Hasselblad H2 & CFMS. Ce système de 39 mégapixels permet de prendre les photos en une seule fois (méthode conventionnelle), mais aussi de séparer les rouges, les verts et les bleus afin d’augmenter la qualité et la fidélité des couleurs. Or cette technologie est unique à Hasselblad.
Bien entendu, chaque appareil photo numérique propose son logiciel de traitement des fichiers bruts. Pour Hasselblad, il s’agit de Phocus, qui joue ici un rôle essentiel.
En effet, les photographes de la Tate ont choisi d’utiliser l’outil « Reproduction Mode » sous Phocus. Lorsque cette fonction n’est pas activée, les couleurs sont calculées de manière à générer le résultat global correspondant le mieux aux représentations du quotidien. Ainsi, le logiciel s’efforce de produire des couleurs et teints de peau fidèles.
Cependant, les photographies de la Tate sont prises sous des éclairages réglés avec précision, donc il est préférable de reproduire les couleurs de manière complètement linéaire. Or le « Reproduction Mode » fournit une reproduction à l’identique extrêmement précise d’un point de vue mathématique. De plus, le réglage du contraste par défaut est inférieur, ce qui permet aux photographes de déterminer eux-mêmes le niveau requis pour chaque sujet. Les photographes restent maîtres de toutes les décisions ; aucune étape n’est déterminée de manière automatique. Le niveau de précision s’en voit augmenté, et le temps consacré à la postproduction réduit, fait non négligeable lorsque l’on envisage le nombre d’œuvres à photographier.
Conservation et restauration
Une grande partie du travail de la Tate consiste à assurer la conservation des œuvres, et à restaurer celles qui ont été endommagées, que ces détériorations soient naturelles ou non.
Tout d’abord, le fait de prendre des photographies fournit un outil très précieux en ce qui concerne l’enseignement et l’étude des techniques de restauration. Il faut donc véritablement un qualité d’image supérieure, or les systèmes Hasselblad fournissent la résolution et la précision nécessaires pour que des individus puissent analyser dans le détail le processus de restauration.
D’ailleurs, le Hasselblad a tout d’abord été utilisé pour une tâche assez inhabituelle : créer des maquettes 3D de sculptures en plastique très rares et fragiles. Celles-ci avaient besoin d’être restaurées, mais leur nature délicate empêchait toute manipulation et tout examen minutieux. En temps normal, les photographes auraient utilisé un scanner 3D conventionnel afin de créer une maquette informatique, mais comme ces sculptures avaient une surface à la fois transparente et réfléchissante, aucun appareil n’aurait été assez précis ni fidèle.
L’University College London a donc participé à l’élaboration d’un système permettant de créer une maquette 3D très précise à partir de prises de vues réalisées avec un appareil Hasselblad depuis différents angles.
Ainsi, grâce à cette reproduction très fidèle des sculptures, les conservateurs ont pu choisir le processus de restauration le plus adapté.
Depuis, lorsqu’une œuvre doit être restaurée, elle est systématiquement photographiée à l’aide d’un Hasselblad.
Les installations de la Tate
La Tate renouvelle constamment les installations exposées dans ses différents musées. Or chaque installation doit être photographiée et répertoriée. Cependant, ce travail est souvent difficile pour les photographes, qui sont limités dans le temps (ils disposent habituellement d’une ou deux heures de lumière naturelle avant l’arrivée des premiers visiteurs), mais aussi dans l’espace au sein des musées.
À la page 2 de cette étude de cas, « Shibboleth » montre la fissure au sol créée par l’artiste Doris Salcedo le long de la principale « salle à turbine » de la Tate Modern. Marcus Leith voulait capturer cette fissure dans une photographie unique prise d’un point de vue aérien. Son équipe a donc placé l’appareil H3D au sommet d’un poteau d’échafaudage et l’a actionné à distance à l’aide du logiciel Phocus, en étant perchée sur une plateforme élévatrice non loin de là ! Ainsi, elle a pu régler l’exposition et la mise au point, prendre plusieurs clichés et les assembler sous PhotoShop afin de créer une vue panoramique.
Le HTS
La Tate a été notre tout premier client britannique à recevoir la nouvelle solution d’inclinaison / décalage Hasselblad HTS. En principe, cet accessoire est utilisé pour les travaux d’architecture ou pour les natures mortes, mais la Tate a su faire preuve d’imagination : les photographes ont utilisé leur HTS pour optimiser leur production et réaliser des clichés dans des conditions très difficiles.
Ainsi, l’équipe de la Tate devait photographier l’œuvre Palmsonntag d’Ansel Kiefer, mais cela posait problème. En effet, ces grands tableaux avaient une surface très réfléchissante, et si l’on plaçait l’appareil photo au centre de l’image, son reflet se voyait sur le cliché final. Cependant, grâce au HTS, l’appareil a pu être suffisamment décentré, et l’objectif décalé au bon endroit pour photographier cette œuvre d’art sans reflet.
En outre, l’équipe de la Tate a aussi utilisé le HTS à de nombreuses reprises lorsqu’elle photographiait des installations, et ce afin d’obtenir la perspective idéale ou une profondeur de champ maximale. Conclusion
La Tate a investi une somme importante dans les systèmes Hasselblad, mais par rapport à l’utilisation intensive et au développement des négatifs, les avantages financiers restent évidents. La branche photographie de la Tate est donc un service essentiel et précieux, qui génère par ailleurs des bénéfices supplémentaires par le biais de la société Tate Images. Sa contribution aux revenus des Tate Enterprises est donc considérable, puisque l’année dernière, elle a engrangé jusqu’à 15,1 millions de livres sterling.
La Tate a choisi le système Hasselblad car il présente une qualité exceptionnelle et ne nécessite aucun compromis, quelle que soit la situation.
L’outil « Reproduction Mode », les prises de vue multiples et la solution HTS sont autant de caractéristiques qui distinguent Hasselblad et en font le seul choix possible pour les galeries d’art, les musées et les institutions du monde entier.
David Grover, July 2009