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Roberto Bigano

« Grâce à Hasselblad, j’ai pu photographier les dessins de Léonard de Vinci et obtenir des reproductions de très haute qualité. »
Roberto Bigano


The Orvieto Cathedral, Coronation of Mary. © Roberto Bigano

“Ritratto di fanciulla” (“Portrait of a Girl”), 1485 © Biblioteca Reale di Torino

“Bugatti Atalante” © Roberto Bigano

 

 

Les reproductions de chefs d'oeuvre

Photographe professionnel depuis 1980, Roberto Bigano (www.bigano.com ), partage son temps entre Vérone et Naples, en Italie. Sa clientèle très variée lui réclame régulièrement des photographies commerciales et des reproductions d’objets d’art. Il compte d’ailleurs une trentaine d’ouvrages à son actif, dont « Divina Bugatti » et « Il Cavaliere Inesistente ». En 2007, le livre « Alta Cucina in Alto Adige » lui a valu le prix italien de la meilleure photographie gastronomique, tandis que « Locks » était élu meilleur livre de photographies d’antiquités par le jury du TEFAF, le plus grand salon des arts et antiquités du monde. Par ailleurs, Bigano donne régulièrement des cours de photographie numérique lors de conférences internationales, comme Photokina 2008. Parmi ses projets à venir, il doit publier un livre sur les chefs d’œuvres exposés dans les musées du sud de l’Italie, en décembre 2008, et participera à une exposition sur l’architecture napolitaine, en septembre 2009. 

Ma spécialité, ce sont des clichés que la plupart des photographes ne savent pas réaliser. La Bugatti qui apparaît sur la page d’accueil de mon site Internet en est un très bon exemple. En effet, de nombreux photographes sont capables de reproduire ce genre d’image dans des studios conçus spécialement pour la photographie automobile. Mais peu d’entre eux parviendraient à obtenir cette silhouette dans un musée, où les reflets et la lumière sont problématiques. Je me spécialise également dans la photographie des plafonds. Par exemple, j’ai photographié une fresque en réalisant des centaines de clichés, que j’ai ensuite réunis pour mettre en valeur ce chef d’œuvre byzantin méconnu.

Depuis 15 ans, mes clients majeurs sont des grandes entreprises comme Bogen/Manfrotto et Gitzo. Je travaille également beaucoup pour des grandes sociétés de technologie italiennes, allemandes et autrichiennes, et pour des musées, des associations culturelles, ainsi que Franco Maria Ricci (FMR), l’un des plus grands éditeurs de livres d’art.

Je fais appel à un consultant en photographie numérique spécialiste du logiciel Hasselblad et d’Adobe Photoshop, et je collabore avec un partenaire qui teste les produits pour Manfrotto et d’autres clients. Parallèlement, en tant que partenaire d’Hasselblad en Italie, j’ai eu l’occasion de travailler sur des projets conséquents et complexes. Par exemple, en 2007, la société Leonardo3 a demandé à Hasselblad de créer des reproductions de haute qualité des œuvres de Léonard de Vinci. En effet, ils souhaitaient faire connaître au grand public des chefs d’œuvre jusqu’alors inaccessibles. Ces reproductions devaient également permettre à des experts du monde entier d’étudier ces œuvres dans le détail. Or étant donné que j’étais le principal partenaire d’Hasselblad en Italie, je me suis vu confier ce projet.


 

Comment photographier  De Vinci ?

Dans le cadre de cette commande, j’ai créé des milliers de reproductions en haute résolution, tirées de plusieurs œuvres de Léonard de Vinci : le « Codex Atlanticus », le vol des oiseaux, et les dessins de la bibliothèque royale de Turin, dont son fameux autoportrait. Pour ce faire, j’ai utilisé différents dos Hasselblad en mode rafale ou 16 passes, avec des résolutions jusqu’à 88 mp. L’objectif macro 120 mm est extraordinaire, il permet une résolution extrêmement élevée. Même sans masque flou, ce matériel offre une précision époustouflante, qui révèle les moindres nuances. Sur l’ensemble du projet, j’ai également utilisé le statif IFF Repro de Manfrotto et les éclairages Photon Beard HMI.

J’ai commencé par photographier le « Codex Atlanticus », œuvre la plus importante de Léonard de Vinci, qui comprend quelque 1 600 dessins. Ces clichés, réalisés au musée Pinacoteca Ambrosiana de Milan, nécessitaient à la fois de la basse et de la haute résolution. J’ai donc utilisé le Ixpress 528 pour les images « basse résolution » de 22 mégapixels en prise de vue simple, tout en éclairant les dessins à l’aide de projecteurs Photon Beard HMI.

Puis alors que j’allais réaliser les clichés haute résolution, grâce à nos reproductions très précises, une équipe technique a découvert que les dessins s’abîmaient. Ces problèmes de conservation n’étaient pas liés à notre travail, mais j’ai bien entendu été obligé d’arrêter. Je me chargerai donc des reproductions haute définition du « Codex Atlanticus » quand les travaux de restauration seront terminés, probablement l’année prochaine.

J’ai ensuite photographié les dessins de Léonard de Vinci qui se trouvent à la bibliothèque royale de Turin, y compris son célèbre autoportrait. Pour ce faire, j’ai utilisé le Ixpress 528 en mode 16 passes. En outre, j’ai placé tous les éclairages du même côté. Bien entendu, cette méthode complique la prise de vue, mais elle donne un relief extraordinaire aux clichés. D’ailleurs, toutes les images ont permis de faire des découvertes étonnantes. Par exemple, on sait que de Vinci utilisait du « bianchetto », un liquide blanc opaque similaire au Tipp-ex. Or cette technique est pleinement visible dans les reproductions en ultra haute résolution du « Portrait d’une jeune fille ».

Du système V au H3D


En 1982, je me suis équipé d’un système V Hasselblad comprenant un boîtier 500CM et les objectifs Distagon 50 mm, Planar 80 mm et Sonnar 150 mm. Ces objectifs sont formidables. J’ai ensuite acquis des scanners Imacon il y a presque huit ans. Il y a six ans, Andrea Mariani, directeur d’Hasselblad Italie, m’a donné un prototype du logiciel Flexcolor 3F, qui permettait de numériser des données analogiques. C’est ainsi que cette application essentielle a redonné vie à mes archives comprenant plus de 100 000 clichés.

J’ai continué d’essayer les autres systèmes numériques disponibles sur le marché, mais je les trouvais décevants. J’aimais bien le dos numérique Imacon 3020, mais pas le logiciel associé. Cependant, Flexcolor 3.4 a tout changé. C’est alors qu’a débuté ma grande histoire d’amour avec les dos numériques Imacon / Hasselblad : Imacon 3020, 6 mp ; Ixpress 384, 16 mp ; Ixpress 528, 22 mp, et maintenant 39 mp. Depuis Ixpress 384, chaque modèle est une avancée technologique. En 2003, j’ai même complètement arrêté l’argentique, pour me consacrer au numérique.

Je trouve que les appareils numériques Hasselblad, et particulièrement le H3D, me facilitent la tâche par rapport aux appareils argentiques. Des fichiers ultra précis, des couleurs très fidèles, la mise ne valeur de détails très subtils, l’absence de bruit et de moirage, la maniabilité et la versatilité : le H3D-39 n’a que des qualités.


Texte: Alice B. Miller