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November - Marcos Prado.

Les formes artistiques changent avec le temps ; les moyens que nous utilisons pour nous exprimer évoluent, tout comme les gens qui les utilisent. Et pourtant, il y a des constantes, certaines images récurrentes, certains indices, des références intemporelles aux maîtres venus avant. Il y a l'art dramatique, la tragédie et la passion que l'on peut trouver partout, à tout moment.


« En 1986, j'ai quitté le Brooks Institute of Photography, à Santa Barbara, en Californie. J'avais 25 ans et je suis parti faire un voyage en Asie. J'avais de l'argent en poche et tout le temps nécessaire pour explorer le continent et prendre des photos. Ce voyage a été une première étape décisive de tout ce que j'ai fait jusqu'ici. Je suis allé au Népal, en Thaïlande, en Birmanie, en Indonésie, en Chine et au Tibet. J'avais emmené mon Hasselblad avec trois objectifs. Je suis resté en fin de compte cinq mois à voyager dans cette région. J'ai visité le Tibet à la fin du voyage et j'y suis retourné deux autres fois depuis. Mon prochain livre sera consacré au Tibet.

 

Fin 1991, alors que j'étais en voyage au Brésil, j'ai vu un champ de charbon de bois pour la première fois de ma vie. Mes premières impressions furent si intenses que j'ai réalisé qu'il fallait que j'y retourne. Au cours de mon deuxième voyage, j'ai passé six mois à photographier des champs de charbon de bois dans tout le Brésil. En 1992, le Sommet mondial a eu lieu à Rio et j'ai organisé ma première grande exposition pour en faire un évènement officiel. C'est à ce moment que j'ai reçu mes deux prix de photographie les plus importants : celui du World Press Photo et celui du PNUE, tous les deux pour des photos relatives au charbon de bois. L'année d'après, j'ai décidé de consacrer mon énergie et de me concentrer sur mon documentaire consacré aux Tibétains et j'ai commencé à planifier mon retour au Tibet. Je fis de ce reportage une grande exposition dans les deux plus grands musées de Rio et de São Paulo. Il a remporté deux prix internationaux : l'International Campaign for Tibet, 1998 et 1999.

En 1997, alors que j'étais en train de préparer mon livre intitulé « The Charcoal People », j'ai réalisé un film documentaire sur le travail photographique que j'avais réalisé à ce sujet. J'ai ensuite compris que, si je pouvais faire un documentaire photo et cinématographique sur le même thème, je ferais mieux de couvrir moi-même l'histoire que j'étais en train de raconter. En me basant sur cette expérience, je travaille actuellement sur des films documentaires et je développe également mes documentaires photos en parallèle. J'ai fait des films pour National Geographic Television aux USA et je prépare actuellement mon troisième documentaire intitulé « The Dump Collectors » à propos des personnes qui trient les déchets que nous jetons dans nos poubelles. J'ai travaillé sur ce projet pendant les sept dernières années et j'en ferai un livre et film documentaire.


Je prends toutes mes photos avec mon Hasselblad 500CM, quatre objectifs, trois dos et quelques filtres. J'adore le format carré. Il rend la composition de l'image beaucoup plus difficile, mais si vous y arrivez, la perfection réside dans l'équilibre. Je n'utilise ni lumière artificielle, ni pied. Pour avoir plus de marge, j'utilise des pellicules 400 ASA en espérant que je pourrai rendre le bon moment.

Je n'ai aucun objectif artistique dans mon travail. Mon objectif principal est de faire prendre conscience aux gens de certains des problèmes qui restent très éloignés de notre quotidien et d'apporter conscience et information afin que les humains puissent se battre pour ce qui est important dans la vie ».

Marcos Prado s'est confié à Kerstin Fiedler