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May - Morten Krogvold.

Quand vous êtes photographe, votre travail, c'est d'accéder de force - vous y êtes rarement invité - à l'espace privé d'une personne. C'est d'évaluer chaque situation au moment où elle intervient, avec immédiateté et avec présence. L'objectif n'est pas de prendre des photos, pas de décrire un côté de la rencontre, mais plutôt d'arrêter le temps, de décrire la rencontre entre le sujet et le photographe. Dans les parties les plus pauvres de l'Afrique, ce qui frappe, ce sont les visages souriant, la dignité et la politesse des gens que l'on rencontre ; la chaleur et la beauté qui vient de personnes qui n'ont rien d'autre que leur grâce et leur amour de la vie. Nous avons peut-être plus à apprendre d'eux qu'eux de nous.

« Images » – la dernière publication du photographe norvégien Morten Krogvold – est un ouvrage sophistiqué qui contient, parmi d'autres photos, d'anciens et de nouveaux portraits de personnes connues, pour la plupart, des artistes, de Norvège et du reste du monde. Il s'agit, entre autres, de Liv Ullmann, Arja Sajonmaa, Amanda Ooms, Sinéad O’Connor, Vigdis Finnbogadóttir, Nelson Mandela et enfin, et surtout, de la reine Sonja de Norvège. Il contient aussi des photographies prises par Morten Krogvold durant ses nombreux voyages en Afrique. Ces photos représentent souvent des vies difficiles, tout en répandant un air d'optimisme et de joie. La dernière partie du livre contient des photos d'animaux, vivants et morts, représentés de la manière si particulière à Morton Krogvold. La photo d'un oiseau mort contre un panneau de verre mouillé par la pluie devient alors une œuvre d'art d'une grande puissance.


Beaucoup considèrent Morton Krogvold comme l'un des photographe de portrait les plus éminents de Scandinavie. « Les gens que je photographie sont souvent très beaux sur mes photos, pourtant, je n'utilise jamais de diffuseurs et je ne retouche jamais mes photos. Pour moi, la difficulté réside dans le fait de toujours devoir faire ressortir les aspects les plus beaux et les plus individuels du sujet, quelle que soit la personne que je photographie. Ma devise est que le sujet ennuyeux n'existe pas, juste des photographes ennuyeux. »

« Images » a été conjointement produit avec Lexmark Norge, une société de technologie qui se consacre à la promotion de la culture et du commerce norvégiens. Lexmark est l'un des plus importants clients de Morton Krogvold qui organise des ateliers photo par le biais de l'académie Krogvold-Lexmark. À ce jour, Morton Krogvold a tenu environ 80 ateliers en Norvège au cours desquels il partage avec enthousiasme son expérience et ses connaissances avec des milliers de participants fidèles. Il a également donné des cours et tenu des ateliers dans de nombreux pays européens, mais aussi aux États-Unis, en Chine et en Afrique du Sud. Morten Krogvold n'est pas un orateur ordinaire, il se transforme en une sorte d'amuseur lorsqu'il monte sur une scène.

 

Morton Krogvold a réalisé plusieurs contrats en Afrique pour l'organisation humanitaire Care Norge. Care vient en aide aux habitants des pays les plus pauvres du monde et les aide à bâtir leur propre avenir. Morton Krogvold a été chargé de faire un documentaire photo du travail réalisé par Care au Niger, en Tanzanie et au Kenya. Il en résulta une collection impressionnante de photos de personnes, d'animaux et de paysages. Ce travail compta beaucoup pour le client, mais aussi pour le photographe. « Ce dont je me souviens le plus, ce sont ces visages souriants, ces enfants et ces adultes nous faisant signe de la main, leur dignité, leur politesse et leur curiosité. C'était extrêmement stimulant de rencontrer des gens qui vivent d'une manière si différente de la nôtre, des gens qui n'ont rien, mais qui ont tant à nous apprendre dans cette partie du monde. »

Morton Krogvold se décrit lui-même comme étant multiculturel avec un intérêt pour le mouvement et la danse, le silence et le drame de la nature ; comme un photographe solidement enraciné dans les idéaux traditionnels mais qui ressent une grande envie de renouveau. « Ce n'est qu'au bout de vingt ans de métier que j'entre seulement dans ma période expérimentale. J'ai à présent le courage d'adopter une démarche plus brute, plus fraîche. »

Lorsque Morton Krogvold décrit la manière dont il travail, il évoque souvent l'importance de travailler en toute liberté. « Je planifie très peu. Je suis plutôt spontané et je saisis la chance lorsqu'elle se présente, ce qui arrive souvent. La photographie, c'est surtout de l'intuition, de l'empathie et du timing. J'utilise un pied quand je ne peux pas faire autrement, particulièrement dans un studio ou pour photographier des natures mortes et des paysages. Mais c'est très libérateur de travailler à main levée lorsque c'est possible. J'utilise des objectifs avec des focales allant de 50 à 150 mm, quelquefois plus longues. J'utilise la pellicule la plus lente possible, de préférence avec la lumière ambiante. J'ai réduit la quantité de mon équipement et ça, c'est vraiment très libérateur. Un appareil photo ne devrait pas être un outil trop sophistiqué, sinon, ça peut vite devenir un obstacle. Personnellement, j'utilise un Hasselblad 500C et un Hasselblad XPan. Les appareils classiques de Hasselblad sont de conception tellement simple que vous n'avez jamais à vous creuser la tête pour savoir comment vous servir de votre appareil quand vous travaillez avec. Ils sont très bien construits. Essayez vous-même, prenez un Hasselblad dans votre main et vous saurez pourquoi j'en utilise un ! »

Récemment revenu d'Italie, Morton Krogvold s'est remis à l'un de ses nombreux projets, un livre dont le titre de travail est « Mystical Italy ». Il prépare également une exposition de portraits intitulée « 100 women – 100 portraits ». Et comme si ça ne suffisait pas, il travaille également sur une série de natures mortes consacrée à la lumière. « Après, je voudrais bien sûr continuer mon travail sur l'Afrique », déclare ce photographe en constante activité. Morton Krogvold n'a jamais regretté le choix de carrière qu'il a fait. « Je dispose des caractéristiques les plus importantes dont un photographe doit, à mon avis, disposer : un mélange d'enthousiasme et de passion pour le travail. Je déborde d'énergie et d'idées et je crois que je peux, à l'avenir, créer de nombreuses photos intéressantes. Mais il faut du temps pour se libérer et, bien que je ne sois pas complètement satisfait de tout ce que je fais, il y a beaucoup de choses dont je suis fier. On pourrait dire que je suis sur la bonne voie. »

Kerstin Fiedler