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January - Rodney Smith.

Il existe ne nombreux types de calme. Et aucun d'entre eux n'est calme. Le calme des glaciers, celui des rivières profondes, celui d'un marécage du sud. Ils sont tous en mouvement, passant à travers des rochers, changeant de continent, grignotant la terre, déplaçant le monde d'un endroit à l'autre. Le calme du brouillard, de l'obscurité, d'une femme perdue dans ses pensées. Chaque objet dissimule une chose et en révèle une autre.

« C'est étrange », dit Rodney Smith, « Le XIXe siècle était le siècle de l'industrie minière et une période où l'humanité n'était pratiquement pas le centre d'attention, mais où l'art rendait hommage à la beauté. Aujourd'hui, on a l'impression que les cultures américaines et occidentales sont enracinées dans l'indifférence, le détachement et la misère. Moi, je veux que les gens voient plutôt les choses belles, agréables et amusantes que nous offre la vie. »
Rodney Smith ne fait que des photos en noir et blanc. Il a un style sophistiqué, souvent avec une touche de Magritte, et ses compositions se basent sur le monde classique de la symétrie et de l'équilibre. Ses plus grandes sources d'inspiration photographique sont Eugene Smith, Robert Doisneau, Dorothea Lange, Jacques-Henri Lartigue et Henri Cartier-Bresson, mais il est également attiré par les grands maîtres Raphaël, Rembrandt et Vermeer.


Rodney Smith n'a jamais vraiment eu l'intention de consacrer sa vie à la photographie. Son père était le fondateur de la maison de mode « Anne Klein » et sa vie familiale tournait surtout autour de la mode. Mais il a longtemps rejeté ouvertement tout ce que l'industrie de la mode représentait. Il rechercha une signification plus profonde à la vie et passa son temps à philosopher sur des questions existentielles. À force de chercher, il commença des études de théologie à l'université de Virginie. Il continua ensuite à la Yale Divinity School où il passa une licence de théologie. C'est pendant les années qu'il passa à Yale qu'il commença à s'intéresser à la photographie. « J'ai souvent été voir les grandes expositions au Museum of Modern Art de New York où j'ai compris que la photographie pourrait devenir la manière que j'utiliserais pour exprimer les sentiments qui m'habitaient. »

Le célèbre photographe Walker Evans, qui était également professeur à Yale, fut la personne qui jeta les fondations de l'éducation photographique de Rodney Smith. « La formation était purement classique. Nous ne photographions qu'en noir et blanc et toujours avec la lumière disponible. Je travaille toujours comme ça aujourd'hui. J'utilise même le même type de pellicule et le même appareil. »

Rodney Smith ne s'est jamais vraiment préoccupé de ce qui est « in » et de ce qui est « out ». Il s'efforce de ne suivre que ses convictions personnelles, même si son refus de faire des compromis a parfois rendu sa vie difficile. « Dans les années 70, ça n'a pas toujours été facile de refuser catégoriquement des contrats parce que je ne voulais pas photographier en couleur. »

 


Rodney Smith travaille toujours avec un équipement minime : un trépied et quelques appareils (normalement, des Hasselblad). Il utilise rarement de lampes car il ne travaille qu'avec la lumière disponible. Les résultats sont fournis sous forme de tirages originaux exclusifs, jamais sous forme de négatif ou de diapositive. « Mon ambition est de faire un bon travail sensé et c'est ce dont je suis particulièrement fier. Je développe et je tire manuellement en respectant une procédure élaborée avec soin afin de produire un résultat parfait. La qualité du tirage final a une grande importance à mes yeux. C'est le résultat de tout ce que j'ai fait et vu comme œuvre d'art. »

Rodney Smith peut se considérer aujourd'hui comme l'un des photographes d'art, de publicité et de mode les plus éminents de New York. Il a percé en 1987, lorsqu'on lui demanda de réaliser le rapport d'activité annuel pour Heinz qui remporta plusieurs prix dans le domaine des arts graphiques et de la photographie et qui lui permit d'accéder au monde commercial. Quelques années plus tard, il permit enfin au monde de la mode de faire partie de sa vie, bouclant ainsi la boucle.

Rodney Smith est exposé par, entre autres, la Robert Klein Gallery à Boston. Il a également publié deux livre « The Hat Book » et « In the Land of Light ». Il est en train d'en produire un troisième intitulé « Sur-realisme ». On compte parmi ses clients commerciaux Merrill Lynch, Metropolitan Life, IBM, BMW, American Express, New York City Ballet, Morgan Stanley, Bergdorf, Goodman, Neiman Marcus, Ralph Lauren et Ellen Tracy.

« Ça peut paraître un peu vieux jeu, » dit-il, « mais je dois uniquement mon succès à mon dur travail et ma persévérance continue. Je suis quelqu'un de très méticuleux et je recherche la beauté dans les détails. On peut appeler ça une obsession mais je pense que ça devrait plutôt être considéré comme une chose normale. »

Kerstin Fiedler